L’infrastructure, censée désenclaver cette zone du sud-ouest du pays, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ce qui devait être un ouvrage de franchissement sécurisé est devenu un obstacle périlleux, suscitant l’angoisse permanente des riverains. Chaque jour, rallier les villes voisines relève de l’exploit, exposant les usagers à un danger imminent face à une structure qui ne tient plus qu’à un fil.
Une infrastructure ravagée par les crues et l’usure
Sur le plan technique, la dégradation est vertigineuse. Cet ouvrage en bois, qui repose initialement sur une structure métallique fixée sur des longrines, a subi de plein fouet les caprices de la nature et le manque d’entretien. La force des crues successives et l’accumulation massive de débris de gros bois charriés par les eaux ont eu raison de sa robustesse, fragilisant irrémédiablement ses fondations métalliques.
Le constat visuel est glaçant, comme en témoigne l’état du tablier, devenu quasi impraticable. « Actuellement, la structure métallique est fortement endommagée. Certaines pièces ont été arrachées par les crues et la force des débris de gros bois qui s’accumulent contre le pont. Par ailleurs, le platelage d’usure est complètement détruit et seules quelques bandes de roulement, ayant résisté aux eaux, permettent encore de couvrir les grands vides visibles entre les longrines et les traverses », a confié un routier régulier de cet axe ayant requis l’anonymat.
Un appel à l’aide urgent face au spectre du drame
Devant ce squelette de pont, la moindre erreur de manœuvre ou le moindre faux pas d’un piéton pardonne rarement. Les béances sur la voie sont si larges qu’à la moindre imprudence, un usager peut basculer directement dans les eaux tumultueuses de la Douigny. Face à ce péril constant, la colère et l’incompréhension montent chez les transporteurs qui n’ont d’autre choix que d’emprunter cette voie de la peur : « Ici, ce n’est plus un pont. Que les pouvoirs publics regardent cette situation », s’indigne le même conducteur.
Ce cri du cœur sonne comme un ultime signal d’alerte adressé aux plus hautes instances de la République. Si des efforts ont été consentis par le passé par la direction provinciale des Travaux publics, ils demeurent largement insuffisants face à l’ampleur de la dégradation actuelle. Une intervention d’urgence et une réhabilitation complète de l’ouvrage s’imposent pour éviter une tragédie et restaurer la libre circulation des biens et des personnes. Le Gabon n’est plus en transition, et la sécurité des infrastructures routières en province exige désormais des actions concrètes et pérennes.




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