D’emblée, Kemi Seba balaie les accusations selon lesquelles il planifierait des attentats en Europe, les qualifiant de « mensonges éhontés » et d’« affabulation ». Se présentant comme un « promoteur obsessionnel de la non-violence », formé par le philosophe gabonais Grégoire Biyogo, il ironise sur la situation : « Je n’ai pas pu me retenir d’exploser de rire, au tribunal, en entendant, dans le pays de mon héroïne absolue, Winnie Mandela, de tels mensonges au XXIe siècle ».
Le Bénin et la France dans le viseur
L’activiste concentre l’essentiel de ses attaques contre le gouvernement béninois de Patrice Talon, qu’il qualifie de « régime totalitaire d’ordre néocolonial, mafieux et meurtrier » et d’« esclave servile suprême du gouvernement néocolonial français ». Il conteste formellement le mandat d’arrêt international pour blanchiment de capitaux émis par Cotonou, affirmant qu’il s’agit d’une invention récente visant à « alourdir le dossier visant [s]on extradition, ou [s]on maintien en détention ».
Selon lui, le seul but de cette traque est de le « réduire au silence tant [s]es critiques et [s]on rôle d’opposant perturbent intensément le gouvernement béninois et son parrain français ». Il dénonce par ailleurs la prise en otage de sa famille au Bénin, affirmant que ses parents âgés, ainsi que la mère de ses enfants et ses cadets, ont été placés en garde à vue et privés de leurs passeports.
Récit d’une exfiltration avortée aux allures de polar
La lettre détaille ensuite les circonstances rocambolesques de son arrestation le 13 avril dernier. Clandestin en Afrique du Sud suite à l’expiration de son visa, Kemi Seba affirme avoir sollicité l’aide du politologue russe Alexandre Douguine pour être exfiltré vers le Niger, via le Zimbabwe et Moscou.
L’opération, censée être menée par des contacts russes, a tourné au fiasco. L’activiste raconte avoir été remis entre les mains de deux militants nationalistes boers sud-africains (qu’il croyait initialement russes) sur un parking de Pretoria. Ces derniers, selon lui, étaient sous haute surveillance. Quelques instants plus tard, Kemi Seba et son fils Khonsou étaient interpellés par une unité d’élite agissant sous couverture, travaillant pour « des membres blancs des services secrets sud-africains ».
Kemi Seba s’interroge sur le rôle de ses contacts russes dans cette affaire : « Comment les Russes [...] peuvent-ils engager pour m’escorter [...] deux nationalistes boers surveillés ? ». Il se dit néanmoins convaincu que les accusations d’attentats portées contre lui ont été inventées par les services secrets sud-africains pour le discréditer.
Un appel à la résistance
Malgré sa détention et celle de son fils tout juste majeur, Kemi Seba affiche une résolution inébranlable. « C’est lorsqu’on me persécute le plus [...] que mes forces décuplent », lance-t-il, promettant que « cette étape, loin de nous enterrer, va plus que jamais nous élever ». Il conclut sa longue lettre par un appel à la mobilisation des militants de son ONG et prévient que « tous ceux qui [...] sont mêlés à cette machination [...] répondront devant l’Afrique, le peuple et l’histoire ».



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