Malgré les critiques sur la scène internationale, le Sénégal renforce son arsenal juridique en matière de répression de l’homosexualité. Promulguée et publiée au Journal officiel le mardi 31 mars, la loi adoptée le 11 mars par l’Assemblée nationale introduit un durcissement des peines. Désormais, les « actes contre nature » sont passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement, contre un à cinq ans auparavant.
Le texte ne se limite pas à la pénalisation des actes. Il étend également le champ des infractions en sanctionnant la « promotion » et le financement de l’homosexualité. Les amendes connaissent elles aussi une hausse notable, allant désormais de 2 à 10 millions de francs CFA, contre un plafond antérieur de 1,5 million. La peine maximale est prévue lorsque les faits impliquent un mineur.
Dans le même temps, la loi introduit une disposition pour sanctionner les dénonciations abusives, dans un contexte où les accusations d’homosexualité peuvent parfois être instrumentalisées. Depuis février, la presse locale fait état de plusieurs dizaines d’arrestations.
À l’origine du projet, le Premier ministre Ousmane Sonko qui dit avoir porté personnellement cette réforme. Le Sénégal connaît depuis plusieurs semaines une recrudescence des discussions publiques et des prises de position particulièrement sensibles sur l’homosexualité.
Sur le plan international, cette évolution législative suscite des préoccupations. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé une loi qu’il estime contraire aux droits fondamentaux et met en garde contre les risques d’atteintes aux libertés individuelles.



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