" />
AccueilEconomie
Casse-tête

Infrastructures : le tronçon Pégnoundou–Tchibanga, un bourbier à ciel ouvert qui exaspère la Nyanga

Infrastructures : le tronçon Pégnoundou–Tchibanga, un bourbier à ciel ouvert qui exaspère la Nyanga© 2026 D.R./GabonScoop

La province de la Nyanga, dans le sud du Gabon, fait face à une urgence infrastructurelle majeure. Le tronçon routier reliant Pégnoundou à Tchibanga, dans le département de Mougoutsi, se trouve actuellement dans un état de dégradation avancée. Ce chaînon manquant de près de 30 kilomètres, essentiel pour la fluidité du trafic vers le chef-lieu provincial, est devenu un véritable parcours du combattant pour les usagers, comme l’a constaté ce 25 mars l’Agence gabonaise de presse.

L’histoire de ce chantier ressemble à un éternel recommencement depuis son lancement en 2014. Intégré au vaste projet de construction de la route bitumée Ndendé–Nyali–Tchibanga, ce segment n’a toujours pas reçu son revêtement définitif. Si le bitume a bien été posé sur une partie du trajet, il s’est brutalement arrêté à proximité du centre de regroupement de Pégnoundou, laissant les conducteurs face à une piste de terre de plus en plus impraticable.

Chantiers à l’arrêt et ardoises financières

Les travaux, confiés à l’entreprise chinoise COVEC, sont aujourd’hui au point mort. Selon des informations concordantes, ce blocage persistant serait la conséquence directe de défauts de paiement de la part de l’État. Une situation qui perdure malgré une tentative de relance des travaux de terrassement en 2024, laquelle s’est rapidement soldée par une nouvelle interruption pour les mêmes motifs financiers, abandonnant la chaussée à l’érosion.

Aujourd’hui, la route n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ravines béantes, crevasses profondes, nids-de-poule et bourbiers en formation jalonnent désormais ces 30 kilomètres de calvaire. Avec l’intensification des intempéries, les conditions de circulation deviennent critiques, menaçant de couper totalement la liaison entre Tchibanga et les localités de Ndendé ou Mouila.

L’exaspération croissante des usagers

Face à cette décrépitude, le sentiment d’abandon prédomine chez les populations locales et les transporteurs. « Dans les deux sens, c’est difficile. La chaussée est très détériorée, ce qui ralentit considérablement nos déplacements. Nous ne comprenons pas pourquoi, sur ce tronçon relativement court, les travaux n’aboutissent pas  », s’insurge Hervé Mouloungui, un habitué de l’axe Tchibanga–Mouila. Ce témoignage illustre l’incompréhension générale devant un projet qui traîne en longueur depuis plus d’une décennie.

L’urgence est désormais signalée. Si aucune mesure concrète n’est prise à court terme pour stabiliser la voie ou relancer le bitumage, le département de Mougoutsi risque un isolement partiel. Au-delà du simple confort des voyageurs, c’est toute l’économie locale, dépendante de cet axe vital pour l’approvisionnement en marchandises et le transport des personnes, qui se retrouve aujourd’hui sur la sellette.

Lire aussi

Commentaires

Soyez le premier à réagir à ce scoop.

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.